Un petit hameau appelé Cougnes, dont l’origine reste imprécise, et vivant de l’exploitation de marais salants, est vraisemblablement le quartier le plus ancien connu de la cité de La Rochelle. En se développant, les habitations de Cougnes se rapprochent progressivement de la mer, jusqu’à ce qu’aux environs du IXe siècle, une cité de pêcheurs appelée Rupella (petite roche) soit fondée sur un promontoire rocheux au milieu des marais, origine du nom de la ville de La Rochelle. Une tour de défense carrée, appelée tour Maulevault, ainsi qu’une église, l’église Notre-Dame-de-Cougnes, sont construites à cette époque.
Au Xe siècle, en l’an 961, Guillaume d’Aquitaine octroie à La Rochelle une charte concernant le droit d’ancrage et de lestage des navires. À cette époque, le port primitif se situe à proximité de l’actuelle place de Verdun, au pied d’une tour, berceau du château Vauclair, et autour duquel la ville se développe. Il sera déplacé plus tard à son emplacement actuel. Situé au fond d’une baie abritée des fureurs de l’océan par les Île de Ré et d’Oléron, alimenté par des sources d’eau douce, le lieu convient parfaitement à l’implantation d’un port. Ce faisant, le port de La Rochelle joue dès le XIIe siècle, et durant tout le Moyen Âge, un rôle de premier ordre.
En 1130, Guillaume X, duc d’Aquitaine, fait édifier une première enceinte autour de La Rochelle, et en 1137, il affranchit la ville des tutelles féodales, faisant de son port un port libre. Fort de cette caractéristique, le port devient le plus grand de toute la côte atlantique, et connaît trois siècles ininterrompus de prospérité, commerçant principalement du vin de La Rochelle, qui est une importante production régionale s'étendant jusqu'à Cognac et qui est alors très réputé, ainsi que du sel.
Aux XIIe siècle et XIIIe siècle, les routes des Templiers convergent toutes vers La Rochelle, faisant ainsi de la ville leur port sur l’Atlantique. Le XIIe siècle est également marqué par l’influence d’Aliénor d’Aquitaine, qui après s’être séparée du roi Louis VII de France, épouse en secondes noces le futur roi Henri II d'Angleterre en 1152, faisant de l’Aquitaine, ainsi que de La Rochelle, une province anglaise en 1154. De par sa situation géographique et son importance, le Vieux-Port voit s’ouvrir à lui les marchés de l’Angleterre et de l’Europe du Nord, très demandeurs des vins régionaux et du sel des marais du littoral.
Une nouvelle enceinte de protection est érigée autour de la ville entre 1160 et 1170, tandis que le château de Vauclair est construit par Henri II d'Angleterre un peu avant la fin du XIIe siècle. L’enceinte du château, qui couvre plus d’un hectare, est protégée par un rempart orné de quatre grosses tours d’angle, reliées entre elles par des courtines au parapet crénelé, et entourée de profondes douves. Le château domine alors le port primitif de La Rochelle, situé à l’estuaire des cours d’eau de La Moulinette à l’Est, de Rompsay au Nord-Est et le chenal de la Verdière au Nord.
En 1196, l'armateur rochelais Alexandre Aufrédy décide d’envoyer les sept navires de sa flotte commerciale à l’aventure vers les côtes africaines, chargés de sel et de vin. Les années passent mais ses navires ne reviennent pas. Ruiné, Alexandre Aufrédy se voit obligé de vendre l’intégralité de ses biens, dont son hôtel particulier, pour payer ses dettes, et est réduit à la mendicité. En 1203, il est sauvé de la misère par le retour inespéré de sa flotte commerciale qu’il croyait perdue, et dont la cargaison d’or, d’ivoire, d’épices et de bois précieux refait sa fortune. En remerciement au Ciel, il décide de consacrer sa vie et sa fortune aux pauvres, et fonde un hôpital portant son nom où, avec sa femme, il soignera les malades jusqu’à sa mort.
Entretemps, en 1199, Aliénor d’Aquitaine a renouvelé la charte de commune octroyée par son père, Guillaume X d’Aquitaine, et concédé à la ville des exonérations de taxes royales, ainsi que des pouvoirs politiques et judiciaires étendus. Démocrates bien avant l’heure, les habitants de La Rochelle en profitent pour procéder à la première élection d’un maire dans l’Histoire de France, en la personne de Guillaume de Montmirail. Les extensions de la charte communale autorisant également la ville à battre la monnaie, Jean d'Angleterre y fait établir en 1215 un atelier monétaire. La monnaie royale qui y est frappée porte la lettre H comme marque de fabrique.
En 1222, le roi d’Angleterre Henri III décide de renforcer l’influence anglaise en Aunis. Ainsi donc, le 4 décembre, il édicte une charte prescrivant aux Rochelais d’établir un port dans l’ouest de la ville et de la fortifier, et le 8 avril 1223, il leur ordonne de commencer les travaux. De son côté, Louis VIII, roi de France, prend prétexte du fait que les conditions du traité de 1217 n’étaient toujours pas remplies pour lancer une campagne destinée à s’emparer des possessions anglaises en France.
En effet, après sa victoire sur Jean sans Terre à la bataille de la Roche-aux-Moines, en 1214, les barons anglais lui avaient promis la couronne d’Angleterre. Cependant, ces derniers revinrent sur leur décision le 11 septembre 1217 en signant le traité de Lambeth, qui octroyait la couronne à Henri III moyennant certaines compensations, dont le paiement d’une forte somme d’argent au roi de France.
Ainsi, sur les ordres du roi Louis VIII, Mathieu II de Montmorency entame le siège de La Rochelle le 15 juillet 1224, et la libère de la domination anglaise le 3 août 1224. La ville revient alors sous la couronne de France, tout en conservant ses privilèges. En représailles, Henri III signe à Londres une charte communale à Bordeaux, qui jusqu'à présent devait passer par La Rochelle pour exporter son vin de Bordeaux, et qui désormais prend la prédominance du commerce du vin avec l’Angleterre.
En 1241, une nouvelle guerre éclate entre la France et l’Angleterre. Henri III d’Angleterre débarque à la tête de son armée, mais est vaincu par Louis IX, nouveau roi de France, et est contraint de céder l’île de Ré à la couronne de France par un traité en date du 7 avril 1243.
Au cours de la guerre de Cent Ans, la ville change régulièrement de mains, passant des Anglais aux Français et inversement, au gré des traités. De ce fait, elle se voit octroyer dès 1338, par le roi d’Angleterre, des lettres de sauvegarde l’autorisant, malgré la guerre entre les deux Couronnes, à trafiquer librement avec toutes les possessions anglaises.
En 1356, le roi Jean II de France, dit le Bon, est vaincu et fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Emmené à Londres, il est forcé en 1360, en plus de verser une rançon de 3 millions d’écus d’or (soit 11,64 tonnes d’or), de signer le traité de Brétigny en échange de sa libération. Le traité cède de nombreux territoires à la couronne d’Angleterre, dont la ville de La Rochelle. Ce nouveau passage sous la domination anglaise est très mal perçu, et la ville manifeste une importante résistance à cette annexion. Finalement, suite aux pressantes interventions du roi de France et à l’assurance donnée par le roi d’Angleterre que les privilèges seront maintenus, les Rochelais déclarent « Nous aourerons (honorerons) les Anglais des lèvres, mais les cœurs ne nous mouveront pas ».
La Rochelle est pillée en 1370 par une chevauchée anglaise. Le 22 juin 1372, la bataille de La Rochelle marque le début du siège de La Rochelle, commandé par le connétable Bertrand du Guesclin sur ordre de Charles V. La flotte anglaise de Jean de Hastings, comte de Pembroke est détruite par la flotte franco-espagnole, le roi de France ayant obtenu l’appui du roi de Castille. Le 15 août 1372, les Rochelais chassent la garnison anglaise de leur ville grâce à une ruse du maire Jean Chaudrier. Cependant, ils refusent de laisser entrer le connétable Bertrand du Guesclin dans les murs de la ville, désirant négocier leur retour dans le Royaume de France moyennant une extension de leurs anciennes chartes. Le roi Charles V accepte finalement de confirmer les privilèges de la ville, lui donnant ainsi une grande indépendance vis-à-vis du pouvoir royal. Les rochelais laissent alors entrer Bertrand du Guesclin dans leurs murs le 23 août 1372, faisant de La Rochelle une ville définitivement française.
Le 8 janvier 1373, désireux de remercier les Rochelais d’avoir chassé les Anglais de la ville, Charles V confère au maire, à ses échevins et à leurs successeurs, un droit de noblesse héréditaire et perpétuel. Il crée également le gouvernement d'Aunis, distinct de la Saintonge. Néanmoins, il fait détruire le château Vauclair, symbole de pouvoir, et dont les pierres servent à édifier la muraille du Gabut. Le Corps de Ville fait également construire la tour de Moureiles, destinée à conserver les papiers consacrant les privilèges et les registres. Le port de La Rochelle est quant à lui transféré à son emplacement actuel.
En 1376, après 31 ans de travaux interrompus par la rupture des fondations dans les premières années de la construction et par l’occupation anglaise ensuite, la tour Saint-Nicolas est achevée. Destinée à défendre la passe du port, elle héberge son premier capitaine ainsi que les soldats préposés à sa garde en 1384. Quelques années après la tour Saint-Nicolas, la tour de la Chaîne est édifiée sur l’autre rive. Elle est ainsi nommée en raison du fait qu’elle a pour fonction de tendre la chaîne fixée dans la tour Saint-Nicolas et fermant l’accès au port. Les deux tours deviennent emblématiques du Vieux-Port de La Rochelle, dont elles constituent la majestueuse porte d’entrée.
En 1422, la charpente d’une maison où se tient une réunion s’écroule, tuant et blessant de nombreuses personnes. Le Dauphin Charles, futur Charles VII, qui y participait, s’en sort miraculeusement indemne.
En octobre 1429, Jeanne d'Arc confond la supercherie de sa plus célèbre émule, Katherine de La Rochelle, qui prétendait qu'une inspiration sacrée l'avait invitée, non pas à aller à la guerre, mais à exhorter le peuple à apporter son argent au roi pour délivrer le pays.
Cette page est copiée depuis l'encyclopédie libre Wikipédia, et a donc pu être modifiée depuis.
Les photos sont la propriété du site la-rochelle.org.